Carnet de route
Le chemin de la Mâture
Le 03/10/2026 par Jean-Pierre Juston
Chemin de la mâture, weekend du 3 et 4 octobre 2026
Hsiu Mei, Aline, Sylvie et Jean-Pierre
Weekend fort agréable qui commence par l’arrivée sous la pluie au Camping du Lauzart, ou nous profitons d’une auberge espagnole surdimensionnée et d’un baby foot endiablé (voir sur le site de la FFBF pour les règles exactes :).
La nuit sous la tente-dortoir sera plus ou moins agréable selon les personnes et après un solide petit dej’ nous démarrons la boucle dédiée à ce célèbre chemin taillé dans la falaise.
C’est toujours fascinant de découvrir l’ingéniosité qui anime les humains, quelque soit l’époque, pour qu’ils puissent arriver à leurs fins.
Voici ce que nous résume l’IA à propos du Chemin :
Pourquoi il a été créé
En 1772, sous le règne de Louis XV, la Marine royale faisait face à une pénurie critique de bois pour construire les mâts de ses navires de guerre.
La ressource idéale : La forêt du Pacq, située en haute vallée d'Aspe, regorgeait de sapins gigantesques et de hêtres, parfaitement droits et flexibles, idéaux pour fabriquer ces fameux mâts (d'où le nom de "mâture"). Le buis a aussi été exploité pour la fabrication des poulies.
L'obstacle infranchissable : Ces arbres, mesurant souvent plus de 30 mètres de long, devaient être acheminés vers l'arsenal de Bayonne. Cependant, les profondes gorges de l'Enfer bloquaient tout accès à la forêt.
La solution : Pour contourner ce gouffre, il fallait créer une voie terrestre capable de laisser passer des attelages de bœufs traînant ces troncs immenses. La largeur de 4 mètres correspond exactement à l'espace nécessaire au passage de ces convois.
Comment il a été taillé
L'ingénieur Paul-Marie Campagne d'Endosse a supervisé ce chantier titanesque, qui a exigé des techniques extrêmes pour l'époque, a été extrêmement rapide : il a duré 2 ans entre 1771 et 1773 et a été pleinement fonctionnel dès 1774.
Travail dans le vide : Les ouvriers (paysans locaux, mineurs, et probablement des forçats) étaient descendus depuis le sommet de la falaise et suspendus au-dessus du précipice à l'aide de cordes.
Extraction manuelle et explosive : La roche calcaire a été attaquée à l'aide de pics, de burins et de barres à mine. Pour accélérer le creusement, les mineurs utilisaient de la poudre noire pour faire sauter des pans entiers de la paroi.
L'évacuation : Une fois le chemin achevé, les troncs étaient roulés sur des rondins de bois pour faciliter leur glissement, tirés par des bœufs le long du précipice, avant d'être jetés dans les gaves (rivières) pour rejoindre Bayonne.
Une fois que les troncs avaient passé les précipices du Chemin de la Mâture, le voyage était loin d'être terminé. Pour acheminer ces gigantesques pièces de bois jusqu'à l'arsenal de Bayonne, la seule solution viable était le flottage, un processus périlleux mené par des hommes spécialisés appelés les radeleurs.
Ce trajet s'effectuait principalement entre mars et juillet, période où la fonte des neiges gonflait les cours d'eau.
Les 4 étapes du voyage fluvial : 3 équipes spécialisées se succèdent jusqu’à Bayonne
Athas (vallée d’Aspe) : Assemblage des troncs en immenses radeaux articulés.
Vers Navarrenx : Descente torrentueuse et extrêmement dangereuse sur les gaves rocailleux.
Vers Peyrehorade : Relais par des experts pour manœuvrer entre les bancs de sable, tourbillons…
Vers Bayonne : Navigation plus calme sur l'Adour, en gérant le trafic et les marées, jusqu'à l'arsenal.
Les 3 défis majeurs des radeleurs :
Les naufrages : Les courants violents et les rochers brisaient souvent les radeaux, causant parfois des pertes de bois colossales.
L'épuisement physique : 3 à 8 jours à manier des rames géantes sur l'eau glaciale de la fonte des neiges, suivis de longs retours à pied.
Les pillages : Les troncs échoués sur les rives étaient fréquemment volés par les habitants locaux.
Fin de l’explication “IA”
Aujourd’hui ce site est traversé par le GR10 et des voies d’escalade débutent ou arrivent sur le chemin.
Les couleurs de l’automne sont intenses mais le doute est possible avec un roussissement prématuré lié aux canicules de l’été 2026 ; en tout cas le Sescoué, petit gave qui passe sous le chemin, reste maigre et peu sonore. Les fougères sont flamboyantes et témoignent aussi de la déshydratation des sols par endroits.
Nous complétons la boucle par un passage en “mode sanglier” car un chemin n’existe plus, puis après un pique nique réconfortant nous plongeons dans un bain de forêt qui aurait bien pu durer plus longtemps… La prochaine fois, car il est temps de rentrer.
Le débrief’ est unanime, les weekend en montagne c’est trop bien, on prend le temps de s’ouvrir et de se connecter à notre environnement, ce qui est très agréable !!
Merci pour cette belle et sympathique ambiance :)

